Revenir au corps

C’est ce à quoi je vous invite lors de mes ateliers : revenir à votre corps, encore et encore. Récemment, une amie m’a demandé pourquoi c’était si important. Sans réfléchir, je lui ai répondu "Parce que le corps c’est tout." Cette réponse m’a trotté dans la tête et quelques jours après, je l’ai entendue autrement : "Parce que le corps sait tout." 

Je crois sincèrement que dans cette vie incarnée, malgré ce qu’ont pu nous dire les religions, malgré cette société qui valorise le mental, notre corps est la clé. Bien sûr, il y a aussi en nous une dimension plus subtile, mais comment se manifeste-t-elle si ce n’est par le biais de notre corps, de nos sensations ? Si nous fuyons notre corps, comment avons-nous accès à cette dimension ?

A l’époque où j’ai commencé le Qi Gong, j’étais à un tournant de ma vie. Je venais de faire un “grand ménage" autour de moi et je finissais une initiation au Tarot de Marseille qui avait fait voler en éclat la rationalité sur laquelle je m’étais appuyée jusque là. J’avais besoin de remettre du sens dans ma vie et la seule chose que je ressentais intuitivement c’était qu’il fallait que je revienne à mon corps. Je ne savais pas du tout comment faire, et encore moins ce que ça pouvait m’apporter, mais il était très clair pour moi que la clé se trouvait là. Je me disais que ça allait me ramener à la matière, à du concret, et ça me rassurait… J’étais bien loin de me douter qu’en fait ça m’amènerait encore plus loin dans l’invisible !

Ce que je n’avais pas réalisé, c’est que le Tarot, en m’ouvrant à mon intuition, avait déjà commencé à me ramener à mon corps car les intuitions se manifestent par le biais des sensations. Et mon corps ne voulait pas s’arrêter là ! Maintenant que je commençais à être à son écoute, il voulait s’exprimer !

Les premiers temps, ce retour aux sensations m’a permis de me détendre, de relâcher les tensions qui me bloquaient le dos et de retrouver un certain ancrage. C’était le retour à la matière que j’attendais. Je savourais !

Et puis quand cette grosse couche de carapace extérieure a été enlevée, j’ai découvert qu’elle en protégeait une deuxième, plus sensible : la dimension émotionnelle. J’ai découvert que mon corps avait une mémoire et qu’il avait gardé imprimées en lui toutes les émotions qui m’avaient bousculée depuis bien longtemps... Le travail corporel - et notamment celui au féminin - est alors devenu une exploration de mon histoire émotionnelle. Complètement submergée au début, j’ai appris petit à petit à les accueillir, à leur faire de la place et à les laisser s’apaiser à leur rythme.

Mon corps est devenu mon meilleur allié. Je fais de mon mieux pour être à son écoute et prendre soin de lui, et en retour il m’apprend son langage et me partage sa grande sagesse. Il connait mes besoins, mes aspirations, ce qui m’anime profondément. Il connait aussi les grandes lois du Vivant, celles de l’Univers. C’est à toute cette connaissance que j’accède quand j’écoute mes sensations, une connaissance directe, par l’expérience.
Une relation de confiance s’est créée au fil du temps. J’ai appris que quoi qu’il arrive, je peux faire confiance à mes ressentis. Et même plus : que je ne peux réellement me fier qu’à eux - à condition que mon mental ne s’en mêle pas… et là encore, revenir au corps est la clé !

Les morceaux de carapace continuent à se détacher les uns après les autres, et plus je m’allège, plus j’accède à une nouvelle dimension de moi-même, sans doute la plus intime : ma capacité à me laisser toucher par la vie.
A ce jour, c’est sans doute la plus grande surprise de mon parcours. Plus je prends soin de moi et suis à l’écoute de ce qui se passe en moi, plus je suis disponible à ce qui m’entoure et je me sens appartenir à la grande famille du Vivant.

Cette sensation d’appartenance est une révolution. Elle me remet à ma juste place dans cette grande famille, comme un maillon d’une immense chaîne, un maillon tout petit mais néanmoins indispensable, comme tous les autres, pour que la vie puisse circuler. Elle m’ouvre aussi les yeux sur la beauté et la perfection du Vivant ; le sourire de mon fils, un rayon de soleil, une abeille butinant le coeur d’une fleur, une rivière déchaînée, une chouette dont les ailes se soulèvent au rythme de sa respiration… Tout est prétexte à m’émerveiller, à mettre du sens, et cela me donne une furieuse envie de Prendre Soin !
Quand les circonstances extérieures m’amènent à me refermer, c’est cette beauté qui me ramène à la raison d’être de La joie du Qi Gong et à ce qui m’anime : choisir à chaque instant de nourrir la vie. Quoi qu’il arrive.

C’est l’intention que j’ai posée au début de cette année et je la renouvelle en cette rentrée !

Je suis heureuse de vous accompagner - modestement - sur ce chemin. “Modestement”, car je ne sais pas de quoi est fait le vôtre… et parce que j’ai encore du chemin à faire moi-même. Je ne peux qu’être là, à vos côtés, et vous partager ce qui me permet d’avancer au quotidien. Pour le reste, je suis convaincue que vous détenez vos propres clés et que vous saurez y accéder… Il suffit d’être à l’écoute !

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